POSER SES LIMITES

limite bride

La limite, c 'est une frontière. Savoir poser ses limites, c'est tracer une ligne de séparation entre deux univers. Quand je parle de poser mes limites, il s'agit de marquer la frontière entre mon territoire et celui de l'autre.

La limite, c'est ce qu'on ne doit pas dépasser

On comprend bien qu'une chose qui peut-être possible "à la limite", ne peut pas être répétée quotidiennement.. Dans le langage courant, le franchissement de la limite n'est pas souhaitable, voire pas possible (exemple: limite d'âge atteinte) .

La limite nous parle de frontière, de périmètre, de contour, de bordure donc de territoire, mais aussi de borne, de maximum et donc  de limitation

  A priori, c'est une bonne chose: chacun chez soi et les ego seront bien gardés.

 

Les trois états de la limite

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La limite comme protection

limite protection

C 'est une frontière défensive. Elle m'entoure, et je monte la garde pour que jamais, nulle part l'autre, ne puisse la franchir. Sinon, gare à lui. Mon système frontalier est en veille permanente, prêt à défendre le territoire contre toute agression réelle ou supposée. Cette surveillance n'admet aucun repos. Elle est puissamment énergivore.

Elle est à la mesure de la fragilité que je crois être la mienne. L'énergie quelle consomme renforce encore ma supposée fragilité.

Cette limite acroît mon sentiment de sécurité. A l'excès, elle me coupe de l'autre.

 

La limite comme bridage

 limite bride

Ma limite peut aussi fonctionner en sens inverse: elle m'empêche d'envahir l'autre. Les limites de la politesse, de la bienséance fonctionnent dans les deux sens. Cette limite entrave ma liberté: elle ne me permet pas d'aller aussi loin que j'aimerais. Quand elle existe, elle m'évite d'aller m'aventurer trop loin, d'être à mon tour l'intrus.

Cet élan vers l'autre est à la mesure de mon désir de proximité. C'est comme si j'espérais trouver chez l'autre un "chez moi" que je n'ai pas encore construit.

Franchir cette limite me conduit à des déconvenues: en croyant trouver  mon "chez moi" chez l'autre, à l'évidence, je fais fausse route. Elle peut conduite à l'inverse du résultat escompté, à savoir un retour à la case départ, qui est si vide. 

A l'excès la limite "bridage" peut conduire à une vision étriquée du monde, où rien n'est possible, où tout est bloqué. A l'équilibre, elle permet des relations respectueuses.

 

La limite comme ouverture

limite ouverture

Cette vision de la limite n'est paradoxale qu'en apparence.

C'est un regard positif posé sur la limite,  au sens où elle dit "oui" (à la différence de la limite "protection" qui dit "non" à l'intrusion de l'autre). Cette limite ne dit pas à l'autre "tu ne rentres pas chez moi" (dans un chez moi, par ailleurs, parfois  mal défini). Elle dit au contraire "je peux aller jusque là-bas. Tout ceci est chez moi, et j'ai à l'occuper".

Cette limite donne de l'espace. Elle m'en donne. La nature ayant horreur du vide, je peux considérer que l'espace que je n'occupe pas sera naturellement occupé par un autre. C'est bien à moi qu'il revient de l'occuper. Je peux donc joyeusement planter des fleurs dans mon jardin, avec l'assurance que je vais donner vie à mon espace, au lieu de passer mon temps à surveiller que personne ne s'aventurera dans mon terrain vague apparemment abandonné.

 

mham2023

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